Panneau architectural moghol

23 000,00

Grès
Inde Centrale
XVIIIe siècle, Empire moghol
H. 101 cm

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Description

L’empire des Grands Moghols (1526 – 1858)
Cette oeuvre est à rattacher à la remarquable production artistique du sous-continent indien alors sous domination de la dynastie moghole. L’Inde est conquise par les Moghols dès 1526 mais c’est sous le règne d’Akbar (r. 1556-1605) que la dynastie s’installe réellement et que la peinture et l’architecture prennent leur essor. Ses successeurs, Jahangir (r. 1605-1627) et Shah Jahan (r. 1628-1657), ont également des règnes fastueux et développent encore davantage les arts. De façon générale on note à cette période un grand naturalisme. L’Inde des Moghols est très ouverte aux échanges et l’art qui en résulte mêle l’esthétique persane aux savoir-faire locaux et aux images européennes qui circulent via des gravures dès le XVIe siècle.
Un décor de palais
Avec la mise en place de grands programmes de construction sous le règne des souverains moghols, le décor architectural occupe une place très importante. Ce grand panneau de grès participait d’un revêtement mural et décorait sans doute la façade d’un pavillon au sein d’un palais. La grande maîtrise de la taille de la pierre est ici manifeste dans le rendu du décor finement sculpté en bas-relief. On y voit un couple de gracieux perroquets perchés sur les feuilles d’une grande acanthe stylisée, celui de droite se tenant sur une patte seulement, s’aidant de l’autre pour porter à son bec une graine. Cette scène étonnamment vivante malgré sa symétrie presque parfaite prend place à l’intérieur d’un encadrement quadrangulaire qui se transforme en arc de feuillage chantourné, s’enroulant élégamment dans la partie supérieure du relief. Le panneau est sommé dans ses écoinçons d’une paire de rosettes épanouies.
Goût pour la nature, influence locale et herbiers européens
Le décor naturaliste floral triomphe sous le règne de Shah Jahan et les motifs décoratifs de feuilles d’acanthe et rosettes de ce beau panneau dérivent de ce style moghol classique qui perdure dans l’architecture des palais même après que le pouvoir moghol commence à s’affaiblir. Ce type de décor semble en partie influencé par la diffusion d’herbiers européens dans le sous-continent, comme le célèbre Hortus Floridus du Flamand Crispijn van de Passe. On peut aussi déceler une certaine inspiration européenne dans les boucles de l’arc ornemental au-dessus des oiseaux. Enfin, si l’Islam est la religion de l’Empire moghol, une lecture locale est ici possible : le perroquet est un symbole d’amour dans l’art indien. Il est le véhicule de Kama, le dieu de l’amour et le moteur de la création, dont le nom dérive de kam, qui signifie désir ou envie.

 

Provenance : Collection privée, Royaume-Uni, acquis chez le marchand londonien d’art indien et islamique, Amir Mohtashemi, en 2005.