Śikhara

15 000,00

Grès
Inde, Madhya Pradesh, probablement région de Gwalior
Xème-XIème siècle, période médiévale
H. 42 cm

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Description

Ce joli relief représente une tour obus appelée śikhara et caractéristique de l’architecture de l’Inde du Nord. Fait de grès et haut de 42 cm, la teinte rosée de ce grès étincelant pourrait suggérer que cette sculpture provient à l’origine de la région de Gwalior dans le nord du Madhya Pradesh et daterait du Xe-XIe siècle. Cet élément architectural, qui devait se trouver au-dessus d’une niche sur une façade de temple, est une œuvre très symétrique, construite, architecturée et agrémentée de part et d’autre de petits personnages féminins – des gardiennes ou déesses secondaires -, s’amusant avec des makara, monstres aquatiques mythiques et bienveillants.

Le śikhara, cette tour-sanctuaire en forme d’obus, est surmontée comme dans une architecture véritable, d’un disque de pierre aux bords arrondis, appelé amalaka. Sur cinq niveaux successifs apparaît le motif d’arcs indiens multipliés. Ces ouvertures ovoïdes se rencontrent dès les premiers témoignages de l’architecture indienne. Un grand arc indien ouvre ainsi à l’air et à la lumière la partie supérieure des façades des cavernes excavées dès le IIe siècle av. J.-C. Leur terminologie reste problématique même si certains auteurs les nomment « kudu », « trou » ou « gavakṣa window », « baie en forme d’oreille de vache ». Après une longue évolution, multipliés, ils vont couvrir en fine résille les façades des śikhara élevés au-dessus des cellas des temples hindous, dont une version réduite est représentée ici. Cantonnés sur certains bandeaux centraux à l’époque gupta (IVe-VIe siècle), ils vont dès le VIIIe siècle couvrir la totalité des parties hautes, au Rājasthān semble-t-il dans un premier temps, puis dans toute l’Inde du Nord à l’époque des Gurjara-Pratihāra (VIe-XIe siècles).

La présence des makara, de part et d’autre du śikhara, semble faire référence au thème de l’eau. Ces créatures fantastiques moitié crocodile et moitié éléphant, ici parées de colliers de perles, sont en effet des monstres aquatiques bienveillants et prophylactiques. Ils sont finement sculptés, les yeux grands ouverts, la trompe dressée avec de petites défenses et laissant apparaître leurs dents.

Deux personnages, l’un sortant de la gueule d’un des makara, l’autre dominant la seconde créature par la musique, pourraient être des gardiennes ou des déesses des rivières. Celle de droite se tient debout sur la trompe du makara et s’appuie contre le śikhara. Elle porte une dhoti, de lourdes boucles d’oreilles, un collier et des bracelets. Celle de gauche est vêtue de la même façon et tient peut-être une outre, renvoyant à la thématique de l’eau et son caractère purificateur. Il faut noter la jolie torsion du corps, dynamisant superbement le relief.

 

Provenance : Collection privée, Royaume-Uni, acquis chez Simon Ray en 2007.