Ajitanātha

25 000,00

Marbre blanc
Inde de l’Ouest, Gujarāt
XIe-XIIe siècle
H. 77 cm

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Description

Le jaïnisme, une religion indienne antérieure au bouddhisme
Les sanctuaires jaïnas comportent d’innombrables représentations des Tīrthaṅkara, appelés également Jina, êtres omniscients ayant échappé au cycle des réincarnations. Ces personnages hors norme, au nombre de vingt-quatre, s’égrènent durant toute l’histoire du monde et sont chargés de transmettre les fondements de la doctrine jaïne à travers les siècles. Celle-ci est antérieure au bouddhisme et l’un de ses principes fondamentaux est la non-violence (ahiṃsā), qui s’applique à toutes les créatures. Cette stèle de grande taille représente Ajitanātha, le deuxième des vingt-quatre Jina.

Ajitanātha, l’« invincible »
Ajitanātha signifie « invincible », il est celui qui n’a jamais succombé aux conforts matériels ou aux tentations, et n’a jamais été vaincu par les hérétiques. Il se tient dans une pose propre au jainisme, dite « kāyotsarga » : debout, les bras tendus le long du corps, sans le toucher. Le śrīvatsa, symbole auspicieux, est sculpté au milieu de sa poitrine. Parce qu’il porte des vêtements, ce Jina peut être associé à l’ordre du Jaïnisme Śvetāmbara. Sous ses pieds, gravé sur la base, on reconnait son symbole, un éléphant.

Assemblée sacrée
Dans la partie supérieure, deux éléphants ondoient la déesse Mahālakṣmī, également appelée Śrī, représentée au centre. Ils honorent de la même manière Ajitanātha. Cette iconographie renvoie à l’abhiṣeka de Śrī, activité dévotionnelle consistant à apporter la bénédiction par le versement d’eau sacrée. Il s’agit d’un thème particulièrement auspicieux, commun à l’hindouisme, au bouddhisme et au jaïnisme. Au registre en dessous, deux couples volants renforcent le caractère bienveillant de la scène. Les hommes sont des vidyādhara, êtres aux pouvoirs magiques vivant dans un monde merveilleux et lançant des joyaux ou des guirlandes aux divinités. Ils tiennent ici une fleur de lotus. Leurs compagnes esquissent de la main droite un geste d’approbation et tenaient probablement une vīṇā, un instrument de musique indien. Elles pourraient donc être des gāndharvī, des êtres célestes musiciens.
Aux pieds de part et d’autre du Jina, deux assistants divins l’accompagnent, tandis qu’un donateur est assis à sa gauche en position d’orant. Dans le registre au-dessus, un léogriffe majestueux évoque les montants des trônes divins.

Une religion populaire en Inde de l’Ouest
L’œuvre est caractéristique de la période médiévale au Gujarāt, en Inde de l’Ouest, et son raffinement décoratif est tout à fait remarquable. Les colonnettes latérales donnent beaucoup d’élégance tout comme le lotus du soubassement, et le travail de sculpture et d’ajours est exceptionnel. A l’époque médiévale, les sculpteurs jaïnas privilégient le marbre blanc à tout autre pierre en raison de sa couleur pure. En témoignent les vastes temples édifiés en grand nombre sur des collines, buts de pèlerinage, tels Pārśvanātha au Gujarāt ou Ranakpur et le Mont Ābū au Rājasthān.

 

Provenance : Collection privée, Luxembourg, constituée à partir des années 1980.