Kei (Mindcapes)

16 500,00

Ken Mihara (b. 1958)
Kei (Mindscapes)
2019
H : 35 cm L : 54 cm D : 30 cm

Catégorie : Étiquette :

Description

Les œuvres de Mihara rappellent l’esthétique spirituelle des récipients cérémoniels. De plus, ses céramiques incarnent une sérénité en lien avec la doctrine zen.
Forêts vierges, ravins accidentés, rivières paisibles et montagnes tranquilles, tels sont les paysages que l’artiste Ken Mihara (1958- ) a vus lorsqu’il était enfant, dans le cadre majestueux d’Izumo, dans l’ouest du Japon. Avec un environnement naturel d’une grande beauté, imprégné du mysticisme de l’ancienne tradition shintoïste, les grès solennels de Mihara sont nés et influencés par des environnements profondément idylliques. Ses œuvres sont cependant bien plus que des odes à la nature. Elles sont avant tout une fenêtre sur l’âme de l’artiste et des monuments d’expression personnelle qui capturent et transmettent le Ken Mihara d’hier, d’aujourd’hui et de demain.
Aucun homme ne peut se jeter deux fois dans la même rivière. De même, Mihara introduit de nouvelles formes tous les trois ou quatre ans, abandonnant ainsi des corpus entiers d’œuvres, aussi populaires soient-elles. Les sculptures de Mihara doivent changer parce que lui-même a changé, tout comme le changement des saisons.
Les œuvres de Mihara créées de 2007 à 2020 s’érigent comme autant de témoignages historiques, expliquant pourquoi plus de quarante musées ont acquis cet ensemble d’œuvres au cours des 13 dernières années. Ces poèmes en argile ont captivé un public mondial, propulsant l’artiste au rang des artistes les plus recherchés de la céramique japonaise contemporaine. Et c’est avec le dévoilement de chaque nouvelle série que le public mondial attend avec impatience.
Pourtant, quelle que soit l’étape de sa carrière, chaque œuvre de Mihara est immédiatement reconnaissable comme une œuvre de Mihara. C’est l’attrait viscéral de son goût pour l’argile, la présence presque zen qui se dégage de ses silhouettes, qui sont inimitables pour tout autre artiste, et qui n’ont pas changé au fil des ans.
L’artiste ne fait pas de croquis, ni de maquettes. Il laisse plutôt ses mains « entamer une conversation avec l’argile », et c’est à travers ce dialogue sinueux que Mihara découvre ses formes légendaires. Il a toujours préféré l’ambiguïté, l’incertitude et, plus important encore, l’imprévisibilité de la technique de l’enroulement à la main, et grâce à ces conversations silencieuses, Mihara ne trouve pas seulement la forme, mais aussi lui-même.
De même, les sculptures de Mihara n’utilisent pas de glaçure, de cendres ou d’engobe. Au lieu de cela, chaque paysage de couleur se déverse de l’argile elle-même à travers de multiples cuissons au four à gaz de grande intensité et de longue durée. Mihara pense que la terre a une mémoire distincte de la couleur. Si l’on comprend bien cette caractéristique, on est capable de « déverrouiller » les mémoires emprisonnées dans l’argile, révélant ainsi des kaléidoscopes de couleurs, simplement par la façon dont elle est cuite. Pourtant, Mihara ne prend aucune donnée, et contrôle simplement les feux de son four en se basant sur sa seule mémoire.
La série de Mihara intitulée Kei (Mindscapes) est caractérisée par le mouvement et l’énergie, avec des caractéristiques telles que des intérieurs à double paroi qui tournent et s’enroulent en spirale. La fonctionnalité est supprimée, tout comme la symétrie, révélant une tension entre l’espace intérieur et extérieur, ainsi que les qualités essentielles de l’argile. La variation des formes et des cuissons, l’interconnexion entre l’extérieur et l’intérieur, le retour des lignes droites et courbes, Ken Mihara travaille au sommet de son art.
Il a été exposé et primé à la All Japan Ceramic Exhibition (Nihon Togei Ten), à la Asahi Ceramic Exhibition, à la National Traditional Crafts Exhibition (Nihon Dento Kogei Ten) ainsi qu’au Tanabe Museum Chanoyu no Zokei Ten (Modern tea forms Sculpture Exhibition). En 2008, il a reçu le prestigieux prix de la Japan Ceramic Society. Il a exposé en Europe et en Amérique et fait partie de la collection permanente du Metropolitan Museum of Art de New York, du Los Angeles County Museum of Art, du Victoria and Albert Museum de Londres, du Musée national d’art moderne de Tokyo, du Tanabe Museum of Art et du New Orleans Museum of Art, entre autres.

Sélection de citations :

« On peut dire que le grès solennel de Mihara a été porté et influencé par des environnements idylliques… »
Wahei Aoyama, « Ken Mihara – Dans le grès silencieux, la sérénité et le moi intérieur »,
Craft Arts International, numéro 87, mars 2013, p18.

« Quand on regarde au-delà des crêtes du grès de Mihara, on peut « voir » la présence de l’artiste. »
Wahei Aoyama, « Ken Mihara – Dans le grès silencieux, la sérénité et le moi intérieur »,
Craft Arts International, numéro 87, mars 2013, p22.

 » La gravité évocatrice de son œuvre ne jaillit pas simplement de l’argile d’Izumo et de la beauté physique du paysage mais […]
du terrain spirituel où les dieux résident encore. » Jeffrey Hantover, « Mihara Ken – Le pouvoir du hasard », Céramique Art et Perception, numéro 73, 2008, p83.

Réf. Musée Métropolitain