Tête monumentale de Dvārapāla

12 000,00

Stuc
Ancienne province du Gandhāra
IIIe-Ve siècle
D. 24 x 36 cm

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Description

Une tête monumentale à l’iconographie énigmatique

Ce rare visage en stuc, inhabituellement imposant dans cet art du Gandhāra, ne laisse pas indifférent. Paradoxalement, son état fragmentaire renforce encore son expressivité. La largeur manifeste de la face est accentuée par ces courtes mèches de cheveux s’étageant de part et d’autre d’une raie médiane. Au centre, le nez particulièrement proéminent semble réduire la taille du front, tandis que les sourcils se froncent sur des yeux grand ouverts, resserrés et enfoncés. Enfin, juste au-dessous d’une moustache épaisse, c’est toute une rangée de dents bien alignées que l’on aperçoit! Qui est ce personnage? Il est difficile d’avancer une identification certaine, mais le visage d’un gardien de porte (Dvārapāla), conservé au Metropolitan Museum de New York (voir ci-après), pourrait être rapproché de celui-ci. Tous deux ont cette bouche ouverte et l’air menaçant qui sont autant de caractéristiques retrouvées sur ces protecteurs de temples. Leur aspect farouche dissuadait les ennemis et mauvaises âmes de pénétrer dans l’enceinte des édifices religieux

Le stuc: une grande liberté de traitement

Cette expressivité épatante est rendue possible grâce à l’usage du stuc. Attesté au Gandhāra comme en témoignent notamment les sites de Hadda ou de Taxila, le stuc fut employé avec brio. Les statues étaient exécutées  à l’aide de moules, les formes obtenues reprises à la spatule. Cette technique permet beaucoup d’aisance dans le traitement des formes et d’obtenir, comme ici, des visages au modelé incroyablement souple. Les rendus des yeux, du nez, ou encore du froncement des sourcils, à la réalisation particulièrement sensible, en sont de très beaux exemples. Un fin engobe–encore manifeste sur l’ensemble de la surface–couvrait le tout, dissimulant toute disparité et portant une riche polychromie de couleur rouge, noire et ocre, dont des restes sont ici visibles au niveau des sourcils et de la moustache. Les pigments rouges couvrant les gencives sont exceptionnellement bien préservés !

Le décor architectural au Gandhāra

Cette tête monumentale devait participer du décordes monastères. Les monastères du Gandhāra accolaient deux types d’espaces : des cours accessibles aux dévots encombrées de toutes sortes de monuments ex-voto, tels des tumulus-reliquaires (stūpa) et des chapelles, et au-delà se trouvait une clôture réservée aux seuls moines. Dans les parties publiques, les soubassements des stūpa, les entourages de porte et de fenêtre, les plinthes et même parfois les contremarches des escaliers portaient de nombreux reliefs, juxtaposant motifs décoratifs et scènes narratives apologétiques. S’il s’agit bien d’un Dvārapāla, ce personnage devait quant à lui flanquer une porte dont il protégeait l’accès.

Provenance : Collection privée, Europe.

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