Stèle de Ganesh

42 000,00

Pierre noire
Inde du Nord
Xè-XIème siècle, période Pala
H. 75 cm

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Description

Gaṇeśa, un dieu particulièrement vénéré

Ce fragment de décor, sculpté en haut relief, représente Gaṇeśa assis en latitasana sur un coussin, sa défense droite brisée, son visage aux yeux étroits encadré par ses larges oreilles, sa trompe plongeant dans un bol de modaka qu’il porte dans l’une de ses mains gauche. Il tient dans ses autres mains une hache, paraśu, qui est également un des attributs de Śiva, systématiquement présent sur ses représentations. Il tient également la Mâlâ et d’autres attributs bouddhiques. Son corps est paré de bijoux et son front est ceint d’une tiare ouvragée. Fils de Śiva et Pārvatī, ce dieu à tête d’éléphant bénéficie d’une grande ferveur populaire, et il est vénéré dans les différents courants de l’hindouisme. Il est celui qui fait lever les obstacles, et contribue à la prospérité de toute entreprise. Dieu gourmand, ses dévots l’honorent avec des offrandes, notamment des friandises, qui sont déposées au pied des statues du dieu.

La pureté des formes au service du dynamisme de la composition

Sous la dynastie Pala, dont les souverains sont majoritairement d’obédience bouddhique, la diversité religieuse n’en est pas moins encouragée. Bouddhiques comme hindouistes, les temples sont ornés de sculptures qui constituent leur décor. L’art Pala émerge sur le modèle de l’idiome gupta, qui a une grande postérité en Inde, et qui essaime également en Chine, au Japon et en Corée. Ces canons sont ainsi réemployés afin de créer un part à part entière à l’époque Pala. Ici, la sobriété des formes, l’élégance du mouvement, sont particulièrement admirables et font de ce Gaṇeśa un très bel exemple de l’art Pala. Au raffinement des détails et des ornements du dieu se mêlent énergie et élégance. On admire notamment la douceur du regard et le dynamisme de la trompe sculptée.

La richesse des détails sculptés

A cette pureté des formes du corps, s’ajoute le traitement décoratif des parures, notamment de la tiare dont est coiffé le dieu, ainsi que des colliers autour de son cou et des bracelets ornant ses bras. Son vêtement, presque imperceptible, traduit cette volonté des artistes indiens de créer des images lumineuses, selon un prérequis religieux évoqué dans les textes.

 

Provenance : Collection Jean-Claude Moreau-Gobard, Paris, 4 Novembre 1997.